Ploemeur, un travail avec l’ensemble des acteurs du territoire sur les EEE

Commune de Ploemeur
Bassin Versant du Scorff
Lorient Agglomération


18 537 habitants
17 agents espaces verts
17 agents voirie
40 ha d’espaces verts


CONTACT
M. Landais

Responsable développement durable
jlandais@ploemeur.net

0297864125

Les méthodes d’intervention

Périodes : au printemps ou en été avant la floraison (pour éviter l’essaimage des graines)

Techniques : arrachage manuel (pelle, bêche) ou mécanique (mini-pelle)

Fréquence : une fois par an + actions ponctuelles au quotidien lors de l’entretien des espaces verts de la commune

Point de vigilance : si l’intervention se situe dans un espace naturel sensible, des précautions sont à prendre pour ne pas fragiliser le milieu (pas d’intervention mécanique lourde, attention au piétinement…)

Gestion des déchets : enfouis à forte profondeur (supérieure à 2m), ou incinérés lors des périodes favorables

L’Herbe de la Pampa, Cortaderia selloana, appartient à la famille des Poacées. Elle est originaire d’Amérique du sud et a été introduite en France dans un but ornemental. Dans les milieux naturels, elle colonise les littoraux près des dunes, les marais arrière-littoraux, mais aussi les formations arbustives et le long des routes. Elle est également cultivée dans les jardins publics et privés, notamment dans les années 90 où elle a été largement plantée. C’est une plante qui affectionne le soleil et l’humidité mais qui a la capacité de s’adapter à tout type de température.
En France, l’Herbe de la Pampa a le statut biogéographique d’espèce exotique envahissante pour ses conséquences écologiques (MULLER S., 2004). Elle est également classée comme « Invasif avéré » en Bretagne par le Conservatoire Botanique National de Brest. On la retrouve principalement sur la façade atlantique.

Caractéristiques

  • L’Herbe de la Pampa forme de grandes touffes. Elle mesure près de 3 m de hauteur et parfois plus de 2 m de diamètre ;
  • Ses feuilles sont fines, linéaires, aux bords coupants pouvant atteindre 2 m et de couleur verte ;
  • Ses fleurs sont en plumeaux à la couleur variant de beige à rose.

Une progression marquée de l’Herbe de la Pampa malgré les actions engagées : le cas des carrières Imerys

Suite à ces chantiers, une diminution de la présence d’Herbe de la Pampa a été observée dans les espaces concernés.
La même démarche a été entreprise sur l’ensemble des terrains de golf du territoire. En revanche, il a été difficile de mener une lutte organisée dans les carrières Imerys, du fait de la taille importante du site.

En 2019, 400 000 plants d’Herbe de la Pampa étaient recensés sur le grand site (environ 170 ha). En 2023, ils sont estimés à 1,5 millions par la commune de Ploemeur. Les carrières Imerys exploitent également un 2ème site, plus petit, d’environ 40 ha (voir carte ci-après).

Les carrières Imerys sont un acteur majeur du territoire, qui a été sensibilisé par la commune aux problématiques des EEE, en particulier des Herbes de la Pampa. Elles participent aux actions de lutte en étant présentes lors des chantiers d’arrachage et lors des temps de sensibilisation du grand public.

Nouveauté 2026 :

Eradication d’un champ d’herbe de la pampa et plantation d’un bois mosaïque

Le site de St Adrien est démonstratif de cette évolution : deux parcelles agricoles laissées en jachère trop longtemps ont vu toute végétation disparaître pour n’accueillir en 2022 que des plants d’herbe de la pampa, milieu où les seules espèces locales qui prolifèrent sont les sangliers !

La ville a dans le cadre d’un appel à projets en interne « Mon idée pour la planète », acquis en 2022 une parcelle (2250 m²) attenante au bois Saint Adrien. Elle a, dans ce cadre, engagé un chantier expérimental d’éradication, consistant à enfouir les plants d’herbe de la Pampa et à implanter un boisement de type « mosaïque ».

Vue aérienne état initial –  Source : Commune de Ploemeur

Une forêt mosaïque c’est quoi ?

Une forêt « mosaïque », est un concept développé par l’ONF, elle est composée d’ilots homogènes et doit permettre à la fois une gestion rationnelle (ilots à vocation de bois d’œuvre, ilots à vocation de bois énergie, lisières favorables aux pollinisateurs…) des bois produits, tout en permettant une biodiversité riche et ne jamais voir de coupe rase totale. La qualité paysagère est également privilégiée : les rangs courbes font que le bois ne ressemble pas à une parcelle cultivée.  Pour en savoir +

Illustration du bois mosaïque –  Source : Commune de Ploemeur

Le chantier

Le chantier s’est déroulé lors de l’hiver 2022-2023.

Celui a débuté par un débroussaillage de l’ensemble de la parcelle à l’aide d’un débroussailleur forestier, réalisé en prestation de service par l’entreprise Scaviner.

La deuxième phase du chantier a consisté à réaliser les plantations de 466 jeunes plants, avec la mise en place de protection anti gibier et de paillage.

Cette plantation a été réalisée dans la cadre d’un chantier participatif mobilisant tous (tes) les agents (tes) volontaires de la commune (42), soit un total d’environ 40 heures.

Entretien

L’entretien consiste principalement à du (gyrobroyage ) entre les rangs (3h) et à un dégagement du pieds à la débroussailleuse (5h), réalisés une fois par an.

Il a été complété par un arrachage ponctuel des repousses (300 à 400 plants) réalisé par une classe de BTA du Lycée de Kerplouz en 2025 et d’autres arrachages seront probablement réalisés avec un chisel ou un extirpateur en 2026.

Impact sur la biodiversité

Il n’y pas eu d’inventaires de réalisés, mais on note cependant une abondance de fleurs dès la première année.

Détails des coûts

Voici le détail des coûts pour ce projet :

  • Acquisition de la parcelle : 1400€ TTC
  • Débroussaillage forestier & Enfouissement Pelleteuse : 
    • Broyage en prestation (broyeur forestier) 1800 TTC
    • Enfouissement location pelleteuse avec chauffeur 1920 €TTC
  •  Plantation :
    • Végétaux et fournitures = 3522 € TTC

Résultats

On note des dommages des sangliers sont importants ils surviennent même sur des plantes de 2m50 haut qui peuvent être cassées voir arrachées.

On constate aussi des repousses d’herbe de la pampa, 1400 plants ont été comptés en 2025, cette invasion semble correspondre à de la germination.

Chantier de plantation –  Source : Commune de Ploemeur

Chantier d’arrachage –  Source : Commune de Ploemeur

Les méthodes d’intervention

Périodes : ces actions d’arrachage ont lieu au printemps ou en été avant la floraison (pour éviter l’essaimage des graines est diminuer ainsi le « stock de gaine ».

Techniques : arrachage manuel (pelle, bêche) ou via traction animale

Fréquences : les gros chantiers sont réalisés une fois par ans, mais les services techniques gèrent sur l’année complète des actions ponctuelles d’arrachage dans leurs actions d’entretien des espaces verts de la commune

Point de vigilance : si l’intervention se situe dans un espace naturel sensible, des précautions sont à prendre pour de pas fragiliser le milieu (pas d’intervention mécanique lourde, attention au piétinement…)

Gestion des déchets : Les déchets sont soit laissés sur place (si absence de graines), soit enfouis à forte profondeur (supérieur à 2m), ou incinérés lors des périodes favorables.

 Caractéristiques

  • Hauteur : jusqu’à 4 m (croissance rapide jusqu’à 1,5 m en 3 ans)
  • Tige glabre, dressée et ramifiée
  • Feuilles : de couleur vert tendre avec 3 dents à l’extrémité ; alternes, simples, étroites et entières au niveau des inflorescences ; semi-persistantes
  • Capitules de fleurs blanchâtres, groupées en inflorescences terminales
  • Fleurs mâles larges d’environ 3 mm
  • Floraison et fructification de septembre à novembre

Baccharis, Baccharis halimifolia, aussi appelé Baccharis à feuilles d’arroche, Faux cotonnier ou Sénéçon en arbre est une espèce végétale de la famille des Astéracées. Originaire des Etats-Unis, il a été introduit en Europe au XVIIème siècle pour sa qualité ornementale. Il est actuellement classé comme « Invasif avéré » en Bretagne par le Conservatoire Botanique National de Brest. Dans le département du Morbihan, la lutte contre cette plante est rendue obligatoire par l’Arrêté Préfectoral du 31 juillet 2020 qui définit les modalités de lutte.

Le Baccharis à feuilles d’arroche est un arbuste dioïque c’est-à-dire qu’il faut un pied mâle et un pied femelle pour une reproduction sexuée. Les graines peuvent conserver leur pouvoir germinatif jusqu’à cinq années. Le Baccharis réalise également une multiplication végétative à partir d’un morceau de racine ou même parfois à partir du pied. Par ailleurs, ses feuilles secrètent une résine visqueuse repoussant les herbivores potentiels. Enfin, cette plante affectionne les secteurs humides et les plaines côtières.

Le Laurier-palme, Prunus Laurocerasus, peut localement envahir les sous-bois où son feuillage important entraîne une réduction de lumière pour les herbacées indigènes. Les jeunes individus peuvent former des peuplements très denses et empêcher la régénération naturelle de la forêt (Fried, 2012).

L’espèce a été largement introduite dès le XVIème siècle pour l’ornement.  En Bretagne, dans le Finistère, il menace des populations de fougères rares (Hymenophyllum tunbrigense et Dryopteris aemula) (Fried, 2012). Ces populations constituent un obstacle physique pour la gestion forestière et entrent en concurrence avec les autres espèces, l’acide cyanhydrique sécrété par la plante empêchant le développement d’une flore locale, et ses feuilles persistantes empêchant les semis naturels d’autres espèces de s’installer (CEN Centre). Le Laurier-palme est considéré comme une espèce invasive émergente en région Bretagne.

 Caractéristiques

  • Feuilles persistantes ovales, de 10 à 15 cm de long, glabres et coriaces, à bord lisse ou légèrement denté, à face supérieure vert foncé et luisante, et face inférieure plus claire ;
  • Baies rondes rouges, devenant noires, d’un diamètre de 5 à 7 mm ;
  • Fleurs d’aspect blanchâtre, à pétales réduits (longueur inférieure à 3 mm), regroupées en grappes érigées longues de 10 à 15 cm.

Les méthodes d’intervention

Techniques : arrachage manuel

Fréquence : un premier chantier (16 à 24 h de travail selon les sites) + tous les ans pour enlever les repousses (1-2h de travail, voire plus sur les sites les plus escarpés)

Points de vigilance : sensibiliser les particuliers à l’extension des foyers sur leurs propriétés, mettre des panneaux sur site quand les déchets sont mis en tas

Gestion des déchets : laissés sur place (si absence de graines)

Ci-dessous :
Chantier n°1 : avant/après arrachage en 2018
Chantier n°2 : avant/après arrachage en 2018, puis actualisation en 2019 (les déchets, laissés en tas sur place, ont sans doute été évacués par les riverains). Une extension du foyer de griffes de sorcière est visible dans le jardin de la propriété attenante.

Les griffes de sorcière, Carpobrotus edulis et Carpobrotus acinifolia sont des plantes vivaces de la famille des Aizoacées originaire d’Afrique du Sud. Ces plantes grasses, herbacées, ont été introduites en France à la fin du XVIIe siècle. Elles peuvent se reproduire en dispersant leurs graines grâce au vent et aux animaux, mais aussi par bouturage. Des boutures de tiges peuvent être transportées par l’eau et coloniser de nouveaux espaces. La croissance des stolons est rapide (jusqu’à 1m/an). Les griffes de sorcières supportent une très large gamme de types de sol (sols bien drainés. Ce sont des plantes qui résistent très bien à la sécheresse et aux embruns salés, mais qui ne supportent pas des températures inférieures à 4°C.

Caractéristiques

Carpobrotus edulis

  • Feuilles charnues, opposées, plus ou moins recourbées vers le sommet. Variation du vert au rouge selon les conditions climatiques. Section transversale formant un triangle équilatéral. Longue de 8 à 11 cm, d’une épaisseur de 8 à 13 mm.
  • Fleurs terminales et solitaires, toujours jaunes, diamètre de 5 à 12 cm et nombreux pétales linéaires.

Carpobrotus acinifolia

  • Feuilles longues de 5 à 8 cm et d’une épaisseur de 15 à 18 mm, opposées, charnues et plus ou moins recourbées vers le sommet. Section transversale formant un triangle isocèle. Variation de
    couleur comme chez C. edulis.
  • Fleurs terminales et solitaires, de couleur rose-pourpres. Diamètre de 5 à 12 cm et nombreux pétales linéaires.
  • Tiges : plus ou moins ligneuse à la base, rampantes ou pendantes, formant des « tapis » d’une dizaine de centimètre de haut. Croissance annuelle de plus d’1 m.
  • Fruits charnus et en forme de figue. Ils produisent entre 1000 et 1800 graines chacun.

Les méthodes d’intervention

Technique : curage du fossé avec évacuation, puis bâchage

Temps de travail : 2h de camion avec chauffeur + 2h de tractopelle avec chauffeur pour le curage,
4 h de tractopelle avec chauffeur et 4h de camion benne avec chauffeur + 2 agents pour la mise en place de la bâche

Coûts : 3 tonnes de 0.30 jaunes (25€/t) ; 1 bâche agricole (136.80€)

La renouée du Japon, Reynoutria japonica, est une espèce exotique envahissante classée « invasive avérée » par le Conservatoire Botanique National de Brest en Bretagne.
De grand développement et de grande capacité de multiplication végétative, elle pose des problèmes de diverses natures : formation de couverts très denses réduisant fortement la biodiversité, difficulté de lutte en zone agricole et en jardins espaces verts, réduction de visibilité en paysage ouvert et en bord de route.
De nombreuses expériences ont été menées pour lutter contre cette espèce (lutte chimique, fauche répétée, arrachage, bâchage, éco-pâturage).

Ci-dessus et ci-contre : état des zones bâchées après 6 mois, avec reprise de la pousse de renouée du Japon aux abords des bâches

Ci-dessus : Etapes du bâchage

Caractéristiques

  • Plante herbacée vivace à port buissonnant
  • Grandes tiges creuses érigées, rougeâtres, cylindriques, noueuses, de 2 à 3 m de haut
  • Feuilles entières et alternes de 8 à 15 cm de long à base tronquée
  • Absence de poils sur les nervures de la face inférieure
  • Fleuraison blanche à jaune verdâtre réunie en grappe à l’aisselle des feuilles
  • Rhizomes (tiges souterraines) bien développés et lignifiés

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